Avant-hier j’ai appris le décès d’une collègue du lycée. C’était mon amie. Elle nous a quittés volontairement.
À vingt-cinq ans, France était une très belle jeune femme, qui semblait rayonnante de gaieté. Je n’avais jamais vu quelqu’un se faire autant d’amis aussi vite en arrivant dans un établissement !
Elle m’avait raconté certains problèmes personnels, j’avais senti chez elle une fragilité, mais rien ne laissait penser qu’elle ne pourrait pas surmonter ses relations avec son père ou ses problèmes de couple ! Les mêmes causes ne produisent jamais les mêmes effets… D’ailleurs je me trompe peut-être, ses raisons lui appartiennent puisqu’elle n’a laissé aucune lettre.
Ceci me renvoie à un autre suicide, vieux de quatorze ans : mon ami Florent s’était pendu aux grilles du Panthéon, peut-être pour exprimer que lui ne serait jamais un « grand homme ». Je n’avais que dix-huit ans à l’époque, et j’étais passée par tous les sentiments : un choc immense bien sûr, l’incompréhension, la culpabilité, la colère même. Nous nous demandions tous pourquoi il avait fait ça, pourquoi il NOUS avait fait ça.
Aujourd’hui je sais que tout ceci est inutile. Il ne me reste que la tristesse.
Mars 2010 et les élections régionales arrivent à grands pas. Actuellement toutes les régions (à l’exception de l’Alsace et de l’Assemblée Territoriale de Corse) sont dirigées par des coalitions identifiées comme de gauche par les électeurs. Mais ce que l’on a pu constater ces derniers temps dans les élections partielles, c’est que la politique de casse de Nicolas Sarkozy, haïe par une grande majorité de nos concitoyen-ne-s, ne suffit pas à faire battre la droite dans les urnes.
La gauche dite de gouvernement doit avoir conscience de sa responsabilité dans ces échecs : les classes populaires s’abstiennent plus que jamais et parmi les électeurs qui se déplacent, cette gauche ne rassemble pas suffisamment de suffrages. Son absence de projet alternatif à la droite est en cause. Comment rendre l’espoir à celles et ceux qui sont le plus gravement touchés par la crise sans proposer une alternative au système qui l’a engendrée, le capitalisme ?
Il existe dans notre pays une autre gauche, qui propose de construire un autre système, avec notamment comme modèles les démocraties d’Amérique Latine où beaucoup de pays sont engagés dans des processus constituants, dans le but de se doter d’un système institutionnel permettant de construire un tel système. Mais cette gauche est morcellée (Parti Communiste, Nouveau Parti Anticipaliste et Parti de Gauche mais aussi de nombreux partis moins gros et moins connus qui ont des propositions pourtant très intéressantes) et aucun de ces mouvements ne peut prétendre arriver au pouvoir seul.
C’est pourquoi une unité est nécessaire afin de gagner pour cette Autre Gauche le leadership contre la droite, et ensuite de remporter la direction des Régions qui sont un levier essentiel de l’action à destination des citoyen-nes.
Le Parti de Gauche, réuni en Conseil National le 24 octobre, a adopté la déclaration suivante à destination des autres mouvements politiques français dont l’objectif est d’engager un processus sortant la France du système criminel que nous subissons aujourd’hui :
Les prochaines élections régionales auront une signification nationale. Car le débat de la campagne électorale et le résultat du vote prendront leur place dans le cadre de la crise économique et politique qui accable notre pays. Aujourd’hui nous vivons un paradoxe. Cette crise, les choix et les méthodes du gouvernement de Nicolas Sarkozy devraient placer la gauche comme un recours attendu par le pays. Ce n’est pas le cas. Loin de là. C’est même le contraire souvent : la droite continue de gagner les élections partielles ou l’abstention devient abyssale. Si rien ne change, non seulement Sarkozy continuera de se sentir les mains libres mais il peut raisonnablement envisager sa réélection. Selon nous, il ne doit pourtant rien à ses propres forces mais tout à la carence de la gauche qui n’est pas à la hauteur.
Pourquoi en est-il ainsi ? Notre analyse nous conduit à constater que la domination du Parti socialiste sur la gauche est la principale cause de la difficulté à mobiliser le grand nombre. En effet elle cantonne toute les propositions dans le cadre étroit de l’accompagnement du libéralisme et elle diffuse dans toute la gauche le poison de ses querelles de personnes et compétition de carrière. Quand la politique de la droite frappe, le PS aujourd’hui est un étouffoir pour toute dynamique populaire qui voudrait remettre en cause le système et imaginer un autre futur. Comme si cela ne suffisait pas, avec les offres d’alliance au Centre, le PS annonce clairement qu’il n’entend pas aller plus loin que ce que le MODEM peut accepter. Cette confusion, dorénavant entretenue dans toutes les élections est un adversaire permanent de la mobilisation à gauche.
Dans ce contexte, notre responsabilité est de proposer un autre chemin, une autre méthode pour que notre peuple puisse faire un autre choix. Sinon comment en finir avec le libéralisme et le productivisme ? Nous ne nous satisferons jamais de la seule protestation contre l’ordre établi. Nous voulons le changer pour de bon. Il faut pour cela construire une nouvelle majorité de gauche autour d’un nouveau pôle de rassemblement à gauche. Notre stratégie est l’alliance de toute l’autre gauche pour y parvenir. Pour commencer cette nouvelle alliance, nous avons construit le Front de gauche avec les communistes. Il est aujourd’hui le seul point d’appui unitaire disponible. Il a déjà reçu le soutien de 6,5 % des électeurs à sa première présentation devant les électeurs d’outre mer et de métropole. C’est un acquis précieux. Nous voulons le développer pour qu’il devienne la force de référence à gauche.. Et en même temps nous voulons que le front de gauche élargisse sa capacité à peser sur les évènements en concluant une alliance électorale stable avec toutes les autres forces de l’autre gauche, organisations, personnalités, groupement de dimension nationale où locale.
Le Parti de Gauche a travaillé depuis des mois en vue de ce résultat. Aujourd’hui existe un lieu qui permet le dialogue et les convergences, c’est le groupe de travail puisqu’il réunit à la fois les forces qui composent le Front de Gauche et des formations comme le NPA, les Alternatifs ou la Fédération. Bien sur il existe toujours des différents, parfois importants. Mais aucun ne doit être insurmontable pour peut qu’on en ait la volonté. D’ailleurs les avancées n’ont pas manqué au cours des trois premières réunions de ce Groupe de Travail. Le 28 octobre et 2 novembre deux nouvelles rencontres sont prévues. Nous voulons qu’elles permettent de conclure. Nous avons besoin en effet de passer rapidement a l’action et d’entrer tous ensemble de plain pied dans la campagne pour convaincre et entrainer nos concitoyens.
Le CN du Parti de Gauche présente à cet effet ses propositions :
1) Nos listes devront être, aux premiers tours, autonomes et indépendantes vis-à-vis du PS et d’Europe écologie.
2) Elles affirmeront que leur but est de réunir une majorité autour d’elles et de leur programme. Elles s’engageront, en conséquence, à défendre ce programme, quoiqu’il advienne dans les futurs conseils régionaux. Elles chercheront à les mettre en œuvre partout où le rapport de forces le permettra. Bien sur cette ambition suppose que notre programme ne soit pas uniquement déclamatoire et propagandiste ! Nous proposerons une politique cohérente, applicable dans le champ de compétences légales des régions, changeant réellement la vie des citoyens, l’exercice de la démocratie et modifiant le rapport de force avec les mécanismes de l’économie capitaliste en région.3) Nos listes s’engageront sans ambigüité sur le principe du rassemblement contre la droite au 2ème tour. C’est ce que nous nommerons des « fusions démocratiques » composées proportionnellement aux résultats du premier tour. Elles s’opéreront autour de la liste arrivée en tête : la notre, celle d’Europe écologie ou celle du PS. Nous demanderons solennellement le même engagement du PS et d’Europe Ecologie.
4) En ce qui concerne la participation aux exécutifs nous serons également sans ambigüité. Nous voulons gouverner notre pays. Pourquoi ne voudrions-nous pas diriger une région ? Mais la participation aux exécutifs s’envisage comme un moyen d’atteindre nos objectifs. Ce n’est donc ni « jamais », ni « toujours ». Notre participation est donc liée aux conditions qui la rendent possible. Il s’agit du contenu du programme de deuxième tour, et du rapport de force permettant de l’appliquer. Bien sur, cette hypothèse exclut toute participation du Modem ou d’une quelconque organisation de droite. En raison du rapport de force entre les trois listes de gauche qui se disputeront les suffrages, la situation au soir du premier tour sera sans doute complexe du fait de la présence d’Europe écologie et de listes régionales.. C’est pourquoi nous proposons de ne pas nous enfermer dans un vis-à-vis avec le seul PS. Nous proposons de juger au cas par cas et en tenant compte aussi du déroulement de la campagne nationale et régionale.
Nous voulons rappeler que tout commence par un point incontournable. Un préalable à l’accord national que le Parti de Gauche est disposé à conclure sur ces bases : les listes de rassemblement de l’autre gauche au premier tour des régionales doivent être clairement autonomes du PS et d’Europe Ecologie. Nous savons qu’au moment même où nous adoptons cette déclaration, le CN du PCF travaille son « offre » nationale pour les Régionales. Nous espérons qu’elle contiendra clairement cette affirmation. Ensemble, nous pourrons ainsi continuer à mettre la dynamique du Front de Gauche au service du rassemblement unitaire de toutes les forces qui n’ont pas renoncé à opposer une alternative à la logique du système capitaliste et des modèles productivistes. Ce sera notre propre offre dès la prochaine réunion du groupe de travail de toute l’autre gauche.Bagnolet le 24 octobre 2009.
5 % de la population française contribue, par ses déplacements vers les lieux de vacances, à 50 % des émissions de GES dues aux déplacements touristiques.
Une étude, menée en 2007 par l’ancienne direction des études économiques et de l’évaluation environnementale du MEDAD, souligne cette hyper-concentration des comportements les plus émetteurs de gaz à effet de serre (GES).
L’étude met en évidence une corrélation entre des professions et catégories socio – professionnelles élevées (cadres, chefs d’entreprises et retraités), des conditions d’hébergement haut de gamme et le caractère fortement émetteur des déplacements touristiques (destination lointaine et utilisation de l’avion).
Ce qui nous prouve, une fois de plus, que taxer “les masses” (les pauvres qui n’ont pas de transports en commun pour aller à leur travail et une vieille chaudière peu performante, sans avoir les moyens de la changer) ne résoudra absolument pas le problème des gaz à effet de serre…
Je ne peux pas m’empêcher de vous livrer une conversation lue sur un réseau social en ligne, elle illustre si bien ce que je pense à propos des voitures électriques et du «capitalisme vert» en général…
JCG: La voiture électrique serait donc «décarbonée» ? Mais l’énergie électrique, même si elle provient aux ¾ du nucléaire , est produite aux 2/3 au niveau mondial par des centrales à charbon, fioul ou gaz ! Si on s’en tient au mix électrique de l’Europe, le bilan de la voiture électrique serait de 126g de CO2/km. Soit guère mieux que la Peugeot 207 qui émet 99 g/km… ;(
PH: ben et en plus tu la fabriques comment ta voiture ? et avec quoi ? et que fait-on des batteries ?
Nous savons bien que l’avenir du transport n’est pas dans la substitution de la bagnole par la bagnole.
JCG: La voiture «propre», ou comment une fois de plus surfer sur la vague écolo pour faire du business…
Enfin, une dernière chose : les batteries de ces voitures «propres» sont réalisées à base de lithium. Ce matériau n’est pas une ressource inépuisable. Et il existe peu de gisements. Notamment en Bolivie, dans les déserts salins… Mais son exploitation requiert beaucoup d’eau. Et vu qu’il est aussi utilisé pour les portables, son prix explose et aiguise tous les appétits…PH: CQFD ! quand Europe Écologie défend dans le deuxième chapitre de son programme, la reconversion du secteur automobile vers la voiture «verte» (i.e électrique) il ne défend pas une vision écologique du monde !
Et vous pouvez aussi lire ce billet sur le blog de Corinne Morel Darleux (PG, secrétaire nationale au combat écologique)
Mes chers lecteurs, vous avez peut-être remarqué que je n’ai pas écrit ici (et d’ailleurs mon dernier billet n’était pas formidable) depuis un temps certain…
Je passe moins de temps sur l’ordi ces derniers temps (j’ai moins de temps libre
) et donc forcément, je n’ai plus vraiment le temps d’écrire. Donc si je reviens aujourd’hui, c’est pour vous donner à lire ce texte d’Einstein que je n’avais pas relu depuis longtemps, que Stef publie avec raison !
Bonne lecture et j’espère à bientôt…
JCG: La voiture «propre», ou comment une fois de plus surfer sur la vague écolo pour faire du business…